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Décryptage alimentaire : INFOBÉSITÉ et ICONOBÉSITÉ

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INFOBÉSITÉ. En décembre 2014, le magazine Châtelaine pointe ce mot dans son radar des tendances 2015 : « le nouveau “mal” de notre époque, la surcharge d’informations qui arrivent par de multiples canaux (télé, Internet, mobile, tablette). »

ICONOBÉSITÉ. Pas un jour se passe sans qu’une information soit traitée visuellement. Souvent, il s’agit de petites illustrations simplificatrices – par exemple, un pictogramme de vache hilare affublé d’un chiffre pour évoquer une statistique sur l’élevage bovin…

Avec ces deux termes bâtis sur la même finale pondérale, nous sombrons dans l’excès, la surcharge, le trop-plein. Le trop de quoi? D’informations en ce qui concerne l’infobésité. Du sur-usage de l’iconographie en ce qui concerne l’iconobésité.

Ces deux néologismes sont récents : beaucoup d’articles sur le sujet dès 2006 pour l’infobésité, et quelque six ans plus tard, soit 2012, pour l’iconobésité (avec le développement des outils de microblogging). Toutefois, la surcharge d’informations « se retrouve à toutes les époques de l’humanité, de la Grèce Antique à aujourd’hui », comme le rappelle la chercheuse Anaïs Saint-Jude dans cet article paru dans la section blogue du quotidien français Le Monde.

Le secteur alimentaire n’échappe guère à ces deux phénomènes. Nous sommes même en plein dedans. Ouvertures ou fermetures de restaurants, lancements de nouveaux produits, statistiques professionnelles, livres de cuisine, allégations nutritionnelles, photographies de plats, compétitions culinaires, des comment faire ceci, des liste du meilleur cela… Que celui ou celle qui réussit à suivre le rythme informationnel en la matière se manifeste!

L’ironie de ces multiflux ? Sous la vague, une atrophie des sources d’informations. L’illusion de la diversité alors que nous sommes engagés dans un processus de « berlusconisation » des médias (à savoir leur concentration, le diktat de l’info spectacle, le pouvoir des riches, etc.).

Heureusement, à contre-courant de cette déferlante informationnelle et visuelle, se pointe l’éloge de la lenteur et du long format (reportage, entrevue, etc). Prochain billet.

Pour aller plus loin…

À méditer…

  • Trop, c’est comme pas assez!
  • Le trop-plein. De vide.

 

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