évènement

Faure-Gagnon : mode et pâtisserie font de bons voisins

Je m’attendais à engloutir la cocréation signée Denis Gagnon et Christian Faure. Mais les deux créateurs ont choisi de voisiner plutôt que de fusionner. J’aurai bien aimé manger du Gagnon et porter du Faure… © Sophie Suraniti

Rares, voire inexistants, sont les rapprochements entre le milieu de la mode et le secteur de bouche montréalais. Hormis la collection d’uniformes signés Philippe Dubuc pour le personnel du restaurant Nüvü aujourd’hui fermé et le défilé de mode chocolaté au programme du salon Je t’aime en chocolat qu’organise Cacao Barry et Callebaut, quoi d’autre? Est-ce pour cause d’agendas trop chargés que les idées ne lèvent pas? Par manque d’opportunité (les milieux sont-ils trop cloisonnés)? Par manque d’intérêt ou simplement par manque d’argent?

Pourtant, les points communs entre ces deux secteurs sont nombreux : leur fonctionnement par collections (des saisons), la création de basiques immuables (des basiques qui deviennent des classiques), la recherche d’effets de style identifiables de suite (la signature du créateur, sa touche personnelle), le caractère éphémère des œuvres (avec une quasi-immédiateté pour les œuvres de bouche aussitôt englouties), la recherche de nouvelles combinaisons, textures, couleurs… et saveurs.

Des pays européens comme l’Angleterre, l’Allemagne, la France, l’Italie ou encore la Suisse semblent plus alertes et à l’aise en la matière. Il est fréquent d’y voir des créations – la plupart sucrées d’ailleurs – lancées en série limitée par des duos de pâtissier-parfumeur, chocolatier-designer de mode, etc. Pierre Hermé est sans doute celui qui en fait le plus depuis au moins une bonne dizaine d’années. Encore cette semaine, « l’empire » Hermé sort en série limitée des emballages créés par Kenya Hara (designer japonais), suite logique de la collection de sac de transport de douceurs créé par Barbara Rihl pour groupie distinguée et fortunée. Quant à la maison Ladurée, elle a lancé sa collection « La tentation de Nina » avec Olivier Cresp, maître parfumeur chez Ricci et Vincent Lemains, chef pâtissier de Ladurée.

Quelle est l’apothéose du partenariat maison et chef de luxe? L’ouverture d’un établissement. Récemment, la maison Guerlain et le chef Guy Martin ont ouvert le 68 Guy Martin à Paris.

Au moins, acheter une pâtisserie en série limitée nous donne l’impression d’être riches.

Sophie Suraniti

***************************************************************************************************************************

  • La collaboration Denis GagnonChristian Faure sera disponible en boutique dès vendredi 14 février : les trois pâtisseries spécialement créées par le chef pâtissier (Coeur tendre ananas bleuets, L’amour en cage et Cube Gourmand), ainsi que l’étui en cuir avec laçage fermeture éclair contenant trois Georgette, petit nom donné à cette fourchette-cuillère créée par Jean-Louis Orengo.
  • Pour pousser plus loin la réflexion sur le couple Gastronomie/Mode, une lecture fort intéressante: Mode de recherche, n°13. Gastronomie, cycles de mode et consommationPublication semestrielle – janvier 2010

Billets similaires

Commentaires

écrire un commentaire