alimentation

La « slow info » ou l’éloge de la lenteur (et ça se mange aussi)

Elogedelalenteur

Dans un billet précédent, j’ai parlé de l’infobésité et de l’iconobésité. Face à ces deux phénomènes est apparu un contre-courant : la slow information ou l’éloge de la lenteur. Le principe? Refuser de traiter l’urgence, de suivre le flot incessant des informations.

Cela a donné naissance :

  • à un concept (slow information ou slow info);
  • à un mouvement (slow movement et aussi sa journée spéciale appelée slow day ou journée de la lenteur; au Québec elle a lieu le 21 juin);
  • à de nouvelles plateformes d’informations sur le web, mais aussi sur papier (les slow médias et les fameux mook), ou dans l’univers télévisuel (plus rare toutefois).

Bien entendu, on retrouve beaucoup de points communs avec le mouvement alimentaire Slow Food lancé par l’Italien Carlo Petrini dans les années 80 :

  • la qualité, la diversité et l’originalité (des aliments);
  • la dimension locale (notamment les cuisines régionales);
  • le fait de prendre son temps (pour cuisiner – faire de longues préparations, des mijotés);
  • du sens à ce que l’on mange (que la nourriture soit terrestre ou spirituelle).

Les adeptes de la lenteur ne rejettent pas la technologie ou la modernité. Par contre, ils revendiquent le droit à une information de qualité, lente, par rapport à l’instantanéité dont nous sommes à la fois victimes et responsables. Ils suggèrent aussi de (savoir) faire des pauses, de se déconnecter pour… laisser un peu de vent passer dans le crâne!

Dans le secteur alimentaire, cela donne par exemple ce type de reportage : Le monde étrange et merveilleux des pizzas coréennes d’Annette Ekin (journaliste basée à Doha, au Qatar, fondatrice de Motherland, un magazine indien).

Ulyces est une nouvelle plateforme web (française) à mi-chemin entre le journalisme narratif à l’américaine (le narrative journalism) et l’édition classique, mais sur le web. Ces « histoires vraies » se consomment soit à l’unité, soit par abonnement. Il s’agit de récits originaux dont les sujets, les lieux et les personnages se trouvent en dehors de l’intérêt à l’instant T des médias traditionnels, et qui pourtant parlent de problématiques réelles et actuelles. Les récits flirtent souvent avec la littérature.

L’éloge de la lenteur, alimentaire, cela me rappelle aussi le Eat d’Andy Warhol (1963). Dans ce film (on a tendance à l’oublier, mais Andy Warhol fut aussi un cinéaste, certes bien déjanté!) l’artiste pop américain Robert Indiana mange un champignon pendant… 45 minutes! Prendre son temps quoi.

 

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