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Luc Laporte? Classe restos

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À propos du projet de salle de spectacle L’Étoile. Crédit photo : S. Suraniti (montage avec extrait texte de l’exposition)

« J’aime ce que vous faites. » Voilà sans doute le compliment que j’aurai bredouillé face à l’architecte montréalais Luc Laporte, si j’avais eu la chance de le rencontrer avant son décès en 2012. Tout simplement.

Aux dires de certains de ses proches, le bonhomme n’était pas facile. Du moins au premier abord. Du direct le Laporte. Sans détour. Cela m’aurait plu. Sans doute aurions-nous bu un verre de vin rouge sans nous soucier de l’art de bien boire, de l’art de faire des accords, de l’art de ceci, de l’art de cela. Tout simplement.

Comme pour beaucoup d’entre nous, le style Laporte évoque classicisme, élégance et modernité. Les établissements signés Laporte (par exemple les restaurants L’Express, Laloux ou encore Le Valois à Montréal), traversent les années. Immuablement.

Par contre, et c’est ce que j’ai découvert en visitant l’exposition, l’architecte aspirait à d’autres choses, de grandes réalisations urbanistiques. Les commerces montréalais étaient pour lui des à-côtés et l’architecte se considérait comme un non-spécialiste en la matière. Trop modeste monsieur Laporte?!

L’un des grands projets non réalisés est, entre autres, une salle de spectacle et de concert nommée L’Étoile. Celle-ci allait bien au-delà de sa fonction de représentation inspirée des petits théâtres italiens (Luc Laporte adorait les théâtres de marionnettes à l’italienne – et effectivement, la personnalité de l’architecte me rappelle le personnage de Corto Maltese, créé par Hugo Pratt, déambulant à Venise). L’architecte imaginait un lieu vivant avec une allée de cafés, où manger et boire un verre faisait partie intégrante de l’espace spectacle. Luc Laporte s’imaginait les lieux de vie ainsi : à la fois très structuré, mais aussi déambulatoire avec un accès aux services simplifiés.

L’autre projet, vraiment très très gros, est la création d’une ville utopique sur l’île Saint-Barnabé, au nord de Rimouski. Une fois de plus, l’architecte s’imaginait un lieu propice à la déambulation, où tout est à portée de marche.

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À propos du projet de l’île Saint-Barnabé. Crédit photo : S. Suraniti (extrait texte de l’exposition)

En ces temps de réflexions ambitieuses pour le 375e anniversaire de Montréal, j’espère que nombre d’acteurs intéressés et de curieux (l’exposition est gratuite, et le bâtiment néoclassique du 1700 La Poste est magnifique) plongeront dans les travaux, ébauches, et perspectives de Luc Laporte.

Et même si cela n’était pas son ambition ultime, Luc Laporte nous laisse de magnifiques traces dans le domaine de la restauration. Dans mon nouveau guide, trois adresses (Laloux, L’Express, Le Valois) sont signées par cet élégant-gourmand. Ma façon à moi de le remercier.

Sophie S.

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Exposition Luc Laporte, architecte. Réalisations et inédits. Jusqu’au 20 décembre au 1700 La Poste 1700, rue Notre-Dame Ouest à Montréal (1700laposte.com)

L’édifice 1700 La Poste est un ancien bureau de poste datant d’il y a cent ans. Entièrement restauré grâce au financement privé de Madame Isabelle de Mévius (vive le mécénat de ce genre!), inauguré en 2013, il est la dernière réalisation de l’architecte Luc Laporte.

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