« Pour la terre et le foyer » : les fermières du Québec ont 100 ans

Affiche Fermieres

Elles ont 100 ans aujourd’hui. Elles sont aujourd’hui 34 000 membres à travers tout le Québec, alors que leur nombre a frôlé les 78 000 dans les années 80 (après la Révolution tranquille, dans les années 60, les femmes ont repris le chemin du travail). À coudre, tisser, broder, crocheter, cuisiner. Ce sont les « fermières ».

C’est donc l’occasion de voir le documentaire d’une petite-fille de fermière, la jeune réalisatrice Annie St-Pierre. Son « Fermières », qui a pris l’affiche au printemps 2014, a depuis fait pas mal le tour des régions québécoises. À l’occasion de la 33e édition des Rendez-vous du cinéma québécois, une projection a eu lieu lundi 23 février. Maintenant pour le voir, il vous reste l’achat ou la location du film.

La documentariste Annie St-Pierre dresse le portrait de quatre femmes dévouées à l’association. On suit notamment Yolande Labrie, ex-présidente, qui parcourt 20 000 km par an avec son mari silencieux (monsieur en a un peu marre de la suractivité de madame!); Thérèse Garon, l’experte en métiers à tisser qui aimerait passer sérieusement le flambeau; Anne-Marie Poulin qui plonge dans les archives de l’association pour son doctorat sur le sujet; et Francine J. Lacroix qui prend très à cœur la confection de plats ou de tricots faits dans les règles de l’art des cercles et qui souhaite « mettre sur la map » le sien, le 14, grâce aux concours qu’elle remporte.

Créé en 1915 par le ministère de l’Agriculture, ironiquement par des hommes, on y apprend qu’à l’époque, chaque fermière nouvellement membre recevait des œufs d’incubation et une ruche d’abeilles. Ces femmes étaient pour la plupart au foyer, élevaient leurs enfants (de grosses familles comme on le sait). Les cercles permettaient donc de rejoindre ces femmes au foyer. Le foyer des régions. Mais pas d’implication politique! L’association se veut apolitique et suit le discours clérical (comme le rappelle dans le film la chercheuse Anne-Marie Poulin, l’association des Cercles est à l’époque contre l’avortement, contre le vote des femmes).

Aujourd’hui, ces cercles nous paraissent vieillots, dépassés, d’un autre temps (quoique que le tricot et le macramé soient tendance). Pourtant, il furent et continuent être le ciment d’une communauté et solidarité féminines, le maillage de territoires isolés. Et puis il y a la transmission de savoir-faire (crochet, tissage, broderie, tricot…). Fabuleux de voir tout ce travail minutieux. Par contre, du point de vue des recettes culinaires, cela semble moins intéressant! La scène où deux fermières jugent l’allure des plats présentés dans le cadre d’un concours est d’ailleurs très drôle! « Une croute d’même, ça pas d’allure! » Aussi les réflexions à haute voie d’un couple… « C’est quoi des machos? Non des nachos! »

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